L'insufflation de la ouate de cellulose
Où la mettre en uvre et comment ?
L'insufflation représente le deuxième marché de la ouate de cellulose en France. Cette technique de pose est maîtrisée par un nombre grandissant de professionnels. Cette technique est largement utilisée pour la réalisation de bâtiment à basse consommation d'énergie, dits bâtiments BBC. Un nombre important de bâtiments autonome en énergie de chauffage, dit bâtiments passifs, ont été isolés avec cette technique. Des menuiseries, telles que la société Botémo dans l'Oise, BonneHorgne en Seine et Marne ou la société Marandel et Fils dans les Vosges, en ont fait leur spécialisation. La société Cotralim dans le Limousin, constructeur de maisons individuelles passives, utilise uniquement cette technique et ce produit pour isoler ces bâtiments autonomes en chauffage.
L'insufflation de la ouate de cellulose permet d'obtenir une performance thermique remarquable. Néanmoins, il est indispensable que l'applicateur suive une formation de bon niveau afin de mieux appréhender les pièges qui se cachent derrière cette technique. Les éléments présentés ci-dessous sont essentiellement issus des formations organisées par l'Ecole National Supérieures des Technologies et des Industries du Bois et la menuiserie Marandel et Fils*, société spécialisée dans la pose d'isolants à base végétale.
* Le fondateur de la menuiserie Marandel
et Fils, André Marandel, a créé sa société
en 1945, juste après la fin des hostilités. Pour reconstruire
les bâtiments détruits pendant la guerre, le charpentier-menuisier
a utilisé le bois pour les matériaux de structure et d'aménagement,
et la ouate de cellulose pour l'isolation de ceux-ci.
Les surfaces utilisées pour l'insufflation
La ouate de cellulose est principalement utilisée pour isoler le bâtiment par l'intérieur.
Peu de professionnels l'utilisent aujourd'hui pour isoler par l'extérieur les murs neufs ou anciens. Les contraintes de cette isolation demandent un niveau élevé de compétences dans l'isolation à base végétale. En effet, la paroi extérieure doit être telle que le risque d'humidification de la ouate de cellulose soit nul ou négligeable. L'exposition aux intempéries sur la durée rend cette opération délicate mais pas impossible. De nombreux chantiers d'ITE en Allemagne sont réalisés en ouate de cellulose.
Dans le cadre de la rénovation de bâtiment, la difficulté de la tâche est accentuée. Les fissures, la qualité du matériau support, les liaisons avec les ouvrants (portes et fenêtres) accentuent la nécessité de laisser le professionnel qualifié réaliser ces travaux. Vous l'avez bien compris, ne vous lancer pas dans l'aventure si vous êtes un auto-constructeur sans avoir suivi une formation professionnelle de qualité au préalable.
La forte progression des maisons à ossature bois sur notre territoire favorise l'isolation par l'extérieur. Le DTU de référence dans ce cadre est le 31.2.
Le procédé d'insufflation
Le procédé de l'insufflation de la ouate de cellulose participe en aucun cas à la stabilité du bâtiment et les pressions exercées sur les parois sont relativement faibles.
En ce qui concerne la protection contre le feu, il faut noter que la ouate de cellulose améliore ces caractéristiques de résistance du fait de sa mise en uvre. En effet, elle est placée entre 2 matériaux qui eux-mêmes sont en premier contact avec les points chauds.
Néanmoins, il est impératif de vérifier les installations
électriques car il est fréquent que la ouate de cellulose
enveloppe un câble. Par ailleurs, il est nécessaire de respecter
les normes en vigueur que vous retrouverez dans les DTU 24.2.1, 24.2.2
et 24.2.3 pour les risques propres au conduit de cheminée et autres
éléments combustibles proches.
Le calcul thermique
Pour obtenir la performance recherché (et également les aides fiscales ), il est nécessaire de prendre en compte l'épaisseur de la ouate de cellulose posée.
Le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment a réalisé
des travaux sur la résistance thermique de la ouate de cellulose.
Sur la base d'une valeur de conductivité thermique utile de 0,039W/(m.K),
les épaisseurs de l'isolation donnent les résistances thermiques
suivantes :
|
Epaisseur de l'isolation en CM
|
Résistance thermique en M2.K/W
|
|
4
|
1,05 |
|
6
|
1,55
|
|
8
|
2,05
|
|
10
|
2,55
|
|
12
|
3,10
|
|
14
|
3,60
|
|
16
|
4,10
|
|
18
|
4,60
|
|
20
|
5,15
|
|
22
|
5,65
|
|
24
|
6,15
|
|
26
|
6,65
|
|
28
|
7,20
|
|
30
|
7,70
|
|
32
|
8,20
|
|
34
|
8,70
|
|
36
|
9,20
|
|
38
|
9,70
|
|
40
|
10,25
|
Une fois définie la résistance thermique utile de l'isolant R, le calcul du coefficient de transmission thermique U? des murs isolés s'effectue selon les règles Th-U en utilisant la formule suivante :

Où
U? = coeficient de transmission surfacique globale du mur isolé,
en W/(m2K),
Rsi = résistances superficielles, m2K/W
Rc1= résistance thermique utile de l'isolation rapportée
en partie courante (maçonnerie, parement
), en m2K/W.
L'inspection et préparation du chantier
Avant de lancer les opérations d'insufflation dans les parois, l'applicateur doit vérifier consciencieusement les points suivants :
- Les anfractuosités et cavités à isoler sont identifiées,
délimitées et listées.
- Les passages de gaines et installations électriques sont signalée
par des repères. Pour les anfractuosités trop réduites,
l'applicateur utilisera des matériaux d'autre nature (colle, plâtre
).
- La ouate de cellulose doit être protégée contre
les risques d'humidité importante. Il doit être pris en compte
la proximité de pièces humides (cuisine, salle de bain,
cave
) et de la condensation potentielle dans les murs, des conduites
d'eau froide, des puits de ventilation et de l'humidité sous les
sols non étanches.
- Les parois intérieures et extérieures doivent être
exemptes de traces d'humidités récentes et surtout anciennes
(celles-ci peuvent revenir de manière sournoise).
- Dans tous les cas la paroi externe doit être parfaitement étanche.
- Le pare-pluie doit nécessairement être portée par
la paroi intérieure.
- L'applicateur portera une attention particulière aux espaces
(châssis de portes et fenêtres, baies
) qui sont en contact
avec les lames d'air à traiter. Les défauts d'étanchéité
sont dans la majorité des cas constatés sur ce point.
- Le matériau d'accueil de la ouate sont correctement posés
et attachés, solides et en bon état pour résister
à la pression de remplissage à venir,
- La construction de l'ossature et des habillages de caissons sont conformes
aux DTU et normes en vigueur,
Dans le cas où l'épaisseur de l'isolant dépasse 10 cm, il est recommandé que le caisson d'accueil ne dépasse pas 3,20 mètres de hauteur. Si ce n'est pas le cas, il est nécessaire de réaliser des subdivisions par caisson. Si cela n'est pas fait, le risque d'anomalies de pose est fort. Cela peut se traduire par de partie du caisson plus faible en densité avec à terme un tassement de l'isolant. La recherche d'une productivité accrue de chantier va ainsi se traduire ainsi par une dégradation forte de la performance thermique du bâtiment.
La pose d'un pare-vapeur
Le professionnel vérifie que la structure d'accueil de la ouate de cellulose permet d'éviter l'accumulation d'humidité dans l'isolant.
Pour limiter la diffusion de l'humidité à travers l'isolation et assurer l'étanchéité à l'air, il est nécessaire de placer un pare-vapeur continu côté intérieur.
Il existe de nombreux types de freine et pare-vapeurs sur le marché.
Le type de pare-vapeur requis dépend du principe constructif prévu.
Néanmoins quelque soient ses caractéristiques, la pose du
pare-vapeur doit également assurer la perméabilité
à l'air du bâtiment. La pose doit ainsi être considérée
comme un travail essentiel dans la réalisation du chantier. Les
colles et adhésifs doivent être de la meilleure qualité.
La mise en uvre de la ouate de cellulose
L'application du produit par insufflation est réalisée lorsque les parements du caisson de murs sont déjà fixés. Les caissons sont clos et ne doivent pas communiquer entre eux. Le minimum de l'épaisseur pour les caissons est de 6 centimètres (Le diamètre le plus petit des tuyaux est de 50 mm). En dessous de cette épaisseur, il est particulièrement difficile de glisser le tuyau de soufflage entre les parois.
La machine doit être réglée par l'applicateur en
fonction de l'épaisseur et la densité souhaitée de
l'isolation. L'augmentation du débit de la cardeuse accélère
l'arrivée de du produit et favorise ainsi la plus forte densité.
Avant le démarrage de la machine, l'applicateur doit prendre soin
de réaliser l'ouverture dans la paroi ou le produit doit être
placé. Selon les cas, la ouate sera insufflée par un tuyau
ou à l'aide d'une buse rotative à aspiration.
Avant de mettre le tuyau dans le trou d'accès, il est nécessaire de faire une marque sur celui-ci en rapport avec la profondeur du caisson dans le cas où la paroi qui vous fait face n'est pas un pare vapeur transparent. Il est également astucieux de placer une deuxième marque à 20 cm du bout du tuyau afin de mieux appréhender la fin de l'insufflation.
Le tuyau est ensuite introduit dans l'orifice réalisé dans
la partie la plus élevée du caisson. La machine est lancée
lorsque le tuyau a touché le fond du caisson. Lorsque la matière
arrive dans la cavité, il est recommandé de tourner délicatement
le tuyau qui est rarement droit, afin d'atteindre les coins du caisson.
Lors de l'opération, l'applicateur doit essayer de conserver le
tuyau au milieu du caisson. Il est possible que la qualité de l'étanchéité
du caisson soit excellente. Dans ce cas, la pression exercée par
l'insufflation peut être trop forte. Il peut être astucieux
de percer deux trous de petites dimensions sur les deux coins en haut
du caisson. Ces orifices doivent être rebouchés à
la fin de l'opération afin d'assurer l'étanchéité
de l'ouvrage.
Progressivement, l'applicateur va sentir que l'arrivée de la matière
est rendu plus difficile. Les vibrations du tuyau ne doit pas être
trop forte. Il faut remonter lentement le tuyau afin de réaliser
une insufflation homogène et compacte. Si la machine peine, il
est indispensable de soulever le tuyau. L'intérêt des talkies
walkie est évident pour ce cas là. Néanmoins, après
quelques chantiers, un professionnel connait les limites de sa machine
pour atteindre l'harmonie entre le déversement du produit, la vitesse
de l'opération et la qualité du compactage du produit.
Si la paroi qui vous fait face est un panneau, l'utilisation d'une buse
est une évidence. Pour les cavités de faible épaisseur,
cet outil est particulièrement performant. Si le caisson a une
hauteur maximale de 3 mètres, deux percements avec une scie à
cloche (diamètre 36mm) sont suffisants. Il faut effectuer les trous
à une cinquantaine de centimètres du point le plus haut
du caisson et le deuxième à la même distance du point
le plus bas.
Lorsque la buse est en place, l'opérateur machine va augmenter
progressivement l'apport de ouate de cellulose dans le caisson. Au fur
et à mesure du remplissage du caisson, il faut augmenter la quantité
d'air et diminuer l'arrivée matière.
Lorsque le caisson est rempli, l'applicateur doit soigneusement reboucher
le trou d'accès en utilisant le morceau retiré avec la scie
à cloche.
Si la cavité à remplir présente de nombreuses variations
en termes d'espace, il ne faut pas hésiter à percer d'autres
trous de remplissage, en évitant bien sûr de faire de la
paroi un véritable gruyère !
Dans le cas d'une épaisseur de paroi supérieure à
8 cm, une buse spéciale (buse à décompression) est
recommandée.
Dans ce cas, un seul perçage est suffisant. Il faut le faire dans
la partie la plus haute du caisson. Lorsque l'opération de remplissage
est lancée, l'air est évacué au niveau de la buse,
elle-même équipée d'un sac de récupération
des poussières.
Direction commerciale : 06 48 38 98 51
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